Aller au contenu
56NorthExperts
Toutes les analyses

Utiliser

Qui est le manager d'un agent qui a sa propre boîte mail ? Google donne aux agents Gemini « collègues » un compte Workspace

Pascal Mennesson
Par Pascal Mennesson

Fondateur, 56North · 12 octobre 2026 · 5 min de lecture

Le 8 octobre 2026, lors de Gemini at Work 2026, Google Cloud a présenté l'agent Gemini, un agent unique pour le travail. Une de ses formes concerne directement la DSI : l'agent « collègue ». Il reçoit un compte Workspace, une adresse e-mail, un agenda, un Drive et une place dans l'annuaire de l'entreprise. Pour l'informatique, ce n'est plus un outil. C'est un compte de plus à gérer.

Ce que Google a annoncé

Ces points viennent du communiqué de Google Cloud, que nous avons lu dans la version diffusée par Zawya.

  • Un rôle, pas une tâche. « Vous décrivez simplement le rôle dont vous avez besoin, et Gemini le crée. » L'agent collègue a un rôle défini et durable, comme un membre de l'équipe.
  • Un compte Workspace. Adresse e-mail (de la forme @agents.company.com dans l'exemple de Google), agenda, Drive et présence dans l'annuaire de l'entreprise.
  • Sa propre identité. L'agent agit sous son identité, pas sous la vôtre. Google écrit que cette identité est « attestée cryptographiquement et gouvernée comme celle d'un employé ».
  • Un journal à son nom. Chaque action est inscrite dans une piste d'audit et attribuée à l'agent, pas à une personne.
  • Un périmètre de partage. L'agent « ne voit que ce que vous partagez avec lui ». Les autorisations sont approuvées par les administrateurs sécurité de l'organisation.
  • Plusieurs modèles. L'agent orchestre les modèles Gemini de Google et, dès aujourd'hui, des modèles Claude.

Établi, rapporté, non publié

Point Statut D'où vient l'information
Compte propre, e-mail, agenda, Drive, entrée dans l'annuaire Établi Communiqué de Google Cloud
Actions journalisées au nom de l'agent Établi Communiqué de Google Cloud
Plafond de dépense par projet qui met l'agent en pause jusqu'à ce que quelqu'un le relance Rapporté Decrypt, Reworked, Implicator. Le texte de Google parle seulement de « contrôles de coûts intégrés ».
Sans surcoût là où Gemini Enterprise est disponible Rapporté Un porte-parole de Google à VentureBeat, selon Reworked et Implicator
Préversion privée, disponibilité générale attendue fin octobre ou début novembre Rapporté Implicator, d'après des dirigeants s'adressant à des analystes
Prix et date de disponibilité générale Non publié Google n'a publié ni l'un ni l'autre
Tous les agents reçoivent-ils un compte, ou seulement les agents collègues ? Non établi Implicator note que Google ne l'a pas dit

Ce que cela change pour vous

Un agent qui a une boîte mail et une entrée dans l'annuaire est un compte à part entière. Il lui faut ce que vous exigez de tout compte : un responsable, un périmètre et une procédure de départ. Le journal au nom de l'agent dit ce que l'agent a fait. Il ne dit pas quel humain en répond. Cette réponse, c'est à vous de l'écrire.

Le périmètre réel de l'agent, c'est l'état de vos partages. S'il « ne voit que ce que vous partagez avec lui », tout dossier ouvert à toute l'entreprise lui est lisible. Le surpartage déjà présent sur votre Drive devient son terrain.

Un agent qui écrit à des tiers depuis sa propre adresse pose la question de l'information des personnes. L'article 50 de l'AI Act s'applique depuis le 2 août 2026 (voir ce que l'AI Act impose aux entreprises qui déploient l'IA). Il demande aux fournisseurs de concevoir les systèmes qui interagissent directement avec des personnes de sorte qu'elles sachent qu'elles ont affaire à une IA, sauf si c'est évident. La Commission européenne cite les agents d'IA parmi ses exemples. La façon dont cela s'applique à un e-mail envoyé par un agent collègue, et ce qui revient à l'entreprise qui l'utilise, n'est pas tranchée ici : voyez-le avec votre juriste. Rien n'empêche, en attendant, de le dire dans la signature.

Le décalage n'est pas propre à Google. Dans une enquête publiée début octobre par SailPoint, éditeur d'outils de sécurité des identités, auprès de 340 responsables identité, informatique, cybersécurité et risques : 79 % des organisations font tourner des agents d'IA en production, 2 % utilisent des outils d'identité conçus pour les gouverner. 57 % se disent confiantes face aux exigences réglementaires, 43 % se disent prêtes à produire des preuves vérifiables lors d'un audit lié à l'IA. SailPoint vend ces outils : lisez ces chiffres comme ceux d'un éditeur.

Le danger, le conseil

Le dangerLe conseil
Un manager crée un agent collègue en quelques minutes. Personne à la DSI ne sait qu'il existe, et personne n'en est nommé responsable.Décidez avant la première activation qui peut créer un agent, et inscrivez chacun au registre des IA avec un responsable nommé, le jour de sa création.
L'agent « ne voit que ce que vous partagez avec lui », et votre Drive partage déjà trop. Les dossiers ouverts à toute l'entreprise deviennent sa matière de travail.Revoyez les partages ouverts à toute l'entreprise et les liens publics avant l'activation. Le périmètre de l'agent, c'est votre hygiène de partage.
Le journal attribue chaque action à l'agent. Lors d'un incident ou d'un audit, personne ne sait dire quel humain en répond.Gardez, en face de chaque agent, le nom de son responsable et de la personne qui a approuvé ses autorisations. Relisez son journal à intervalle fixe.
L'agent écrit à des clients ou à des fournisseurs depuis sa propre adresse, sans qu'ils sachent qu'ils ont affaire à une IA.Dites-le dans la signature, et faites vérifier par votre juriste ce que l'article 50 de l'AI Act exige dans votre cas.
Le projet se termine, l'agent reste : compte actif, boîte ouverte, accès toujours accordés.Écrivez une procédure de départ pour les agents : suspension, transfert de la boîte et des fichiers, révocation des accès.

À trancher avant toute activation

  1. Qui peut créer un agent collègue. Un groupe restreint, pas chaque manager.
  2. Qui est responsable de chaque agent. Une personne nommée par agent, inscrite au registre des IA le jour de la création, comme pour tout agent IA en production.
  3. Ce qu'il peut voir. Revoir les partages ouverts à toute l'entreprise et les liens publics avant l'arrivée du premier agent.
  4. Comment on l'arrête. Une procédure écrite : suspension du compte, transfert de la boîte et des fichiers, révocation des accès. La même que pour un départ.
  5. Ce qu'il peut dépenser. Un plafond par projet si votre console le propose, sinon une revue mensuelle de la consommation.

Ce qu'une équipe solide fait différemment

Elle rattache chaque agent à un humain, relit son journal d'actions à intervalle fixe, et traite la création d'un agent comme une arrivée et sa suppression comme un départ. Elle applique la même grille aux agents des autres plateformes : l'éditeur change, les questions restent.

Cette mise en place demande des personnes qui connaissent Workspace et Google Cloud de l'intérieur. Nos experts Google Cloud peuvent cadrer ces choix avec vos équipes. Pour la gouvernance elle-même (registre, responsables, preuves), voir 56North.

Questions et réponses

Que reçoit un agent Gemini « collègue » ?

Selon l'annonce de Google Cloud du 8 octobre 2026 : son propre compte Workspace, avec une adresse e-mail, un agenda, un Drive et une entrée dans l'annuaire de l'entreprise. Il agit sous sa propre identité, et chaque action est journalisée à son nom.

Combien coûte l'agent Gemini, et quand sera-t-il disponible ?

Google n'a publié ni prix ni date de disponibilité générale. Selon Reworked et Implicator, un porte-parole de Google a indiqué qu'il serait proposé sans surcoût là où Gemini Enterprise est disponible. Implicator rapporte une préversion privée et une disponibilité générale attendue vers fin octobre ou début novembre.

L'AI Act oblige-t-il à dire qu'un e-mail a été écrit par un agent ?

L'article 50, applicable depuis le 2 août 2026, demande aux fournisseurs de concevoir les systèmes qui interagissent directement avec des personnes de sorte qu'elles sachent qu'elles ont affaire à une IA, sauf si c'est évident. La Commission cite les agents d'IA parmi ses exemples. Son application aux e-mails d'un agent, et ce qui revient à l'entreprise qui l'utilise, est à vérifier avec votre juriste.

Sources

Les experts sur ce sujet

La plateforme 56North

Mesurez les IA que vous exploitez. Prouvez que vous les contrôlez.

Le Cockpit 56North recense les IA en service dans votre entreprise, les note sur cinq cadrans (fiabilité, coûts, preuves AI Act, utilisation, référentiels), repère quand l'une d'elles change, et rassemble les preuves datées et scellées qu'exige la réglementation.

Découvrir le Cockpit 56North

Besoin de cette expertise sur votre projet ?

Premier échange sans frais. Un responsable d'expertise vous répond sous un jour ouvré.

Candidater